Oubi

Chronique familiale - Informations - Histoire - Cousins, cousines - Un petit clin d'oeil sur le passé...

mardi 29 avril 2008

Cousin des îles

16De passage à Chartres dans les années 90, mon père avait eu la chance de mettre la main sur de vieux livres chez un bouquiniste, deux tomes de 1884 sur la vie d'un évêque... Monseigneur Bataillon... le nom de l'une de ses grand-mères. Tout ce qu'il y a de plus commun, mais il était né aussi à St Cyr les Vignes (42)...

Les deux bouquins je les ai dévorés.

Pierre Bataillon né en 1810 sera d'abord prêtre. Il s'imposait des privations en vue de l'avenir. Rien ne lui coûtait pour former en lui "un apôtre", il augmentait sa tâche du jour en la prolongeant dans la nuit. Il ne prenait que quelques heures de sommeil et n'écoutait pas les réclamations d'un corps fatigué par le labeur de la veille... il se laissait tomber du lit plutôt qu'il ne se levait.

Deux navires mettent les voiles au Havre le 24 décembre 1836, la Joséphine se dirige vers la nouvelle Orléans et la Delphine prend la route de Valparaiso avec Pierre Bataillon à bord et quelques membres de la Société de Marie. Les côtes de France disparaissent et chacun sait bien qu'il ne reverra jamais sa patrie.

La traversée ? Six mois avec de violentes tempêtes... ensuite de Valparaiso, le 10 août 1837 il monte à bord de l'Europa pour la Polynésie et le 5 octobre, il se retrouve en face de l'île Ulitea, c'est là que commence l'Océanie occidentale. La Goélette se dirige ensuite sur Wallis et Futuna.

16Sur place le missionnaire rencontre quelques difficultés avec la langue du pays, il note sur un cahier ses observations et nouveaux mots, ce sera le premier dictionnaire de la langue Wallis.

Octobre 1843, un évêque débarque sur l'île... il lui apporte un paquet de lettres de France dont sa nomination d'Evêque et de vicaire apostolique de l'Océanie Centrale. Il est sacré évêque le 3 décembre 1843.

Il fait construire une église ainsi qu'un local qui abritera une imprimerie (le 1er abécédaire sera tiré à 2500 exemplaires).

Une nouvelle vie pour Pierre commence, une vie de voyages pleine de dangers et de fatigues. Il fonde des missions dans toutes les îles voisines et fait l'acquisition d'une goélette l'Etoile du Matin commandée par M. Romieux.

Il revient en France en 1856 et part rencontrer le pape Pie IX qui lui dit en le voyant : "Voilà donc Mgr Bataillon, qui a tant bataillé ! Eh bien mon cher fils, il faudra mourir sur le champ de bataille !"

Il retourne en 1859 à Wallis. Au début de 1877, il entreprend la construction d'une nouvelle église et dirige lui même les travaux jusqu'à sa mort le 10 avril 1877.

Il est enterré à Mua dans l'église St Joseph.

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mercredi 23 avril 2008

Disparu

Un artisan ambulant...

Le rémouleur installe son matériel sur la place des villes et des villages les jours de foire et de marché. Il circule aussi dans les rues, appelle, crie "ciseaux, couteaux..." on l'interpelle depuis sa fenêtre, il s'arrête le long d'un trottoir, un gamin descend un couteau de cuisine. Et il repart un peu plus loin.

Il affûte les couteaux, les faux, les faucilles... son seul outil, une meule sur une espèce de petite charrette poussée à la main.

Un métier de misère disparu aujourd'hui.

St Etienne... 1971... rue Félix Pyat

remouleur

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samedi 5 avril 2008

De belles formes

Quelques outils seulement... une massette, une pointerolle, un ciseau... des dégrossissages successifs pour arriver à donner la forme voulue, méticuleux et précis dans ses gestes... le tailleur de pierre.

Il se charge de la structure de l'édifice, les linteaux, les voûtes, les piliers, les corniches, différent du sculpteur, qui lui s'attache essentiellement à la décoration.

Le métier est apparu depuis très longtemps, l'Antiquité. Le tailleur de pierre est employé pour toutes les constructions. Il effectue aussi la pose, avec le dernier petit coup de ciseau pour un ajustage parfait. Un métier en voie de disparition depuis 1930... le béton armé a pris la relève... plus simple, plus rapide, moins cher, moins beau.

Il se concentre aujourd'hui sur les édifices existants pour leur restauration ou pour les maisons de quelques privilégiés qui préféreront le traditionnel.

Ecluse9J'ai retrouvé dans la famille au début du XIX° siècle, un tailleur de pierre né en 1806, à Guipy dans la Nièvre. A cette époque le canal du Nivernais est en construction depuis 1763 et des ouvrages importants sont prévus avec les écluses. Sans doute a-t-il travaillé là ?

Ce canal doit acheminer le bois sur Paris depuis le Morvan.

Une des plus anciennes écluses d'origine et désaffectée dans un village de Saône et Loire "la  Neuvième Ecluse" sur le canal du Centre. Construite avec des poutres en chênes manoeuvrées à la main par l'éclusier. La construction complète est en pierres de taille.

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jeudi 3 avril 2008

Lit

Dans le Pilat, la partie habitation d'une ferme était limitée à une pièce principale, la pièce à vivre qui servait à la fois de cuisine, de chambre à coucher pour les parents et pour les enfants. En fait c'était la seule pièce où l'hiver on espérait avoir un peu de chaleur avec la grande cheminée.

litclosLe sol était souvent en terre battue ou à la limite de grandes dalles de pierre de taille pour les plus aisés.

Les lits étaient disposés au fond de la pièce à vivre, un type bien particulier, le lit clos.

Le couchage est placé à l'intérieur d'une armoire en bois, dans sa partie supérieure et l'armoire s'ouvre en général par des panneaux coulissants, décorés de rosaces et de clous de cuivre. Mais la plupart du temps, il s'agit seulement de simples panneaux de sapin sans aucune décoration.

Au sol devant le meuble se trouve un banc qui sert à la fois de siège, de coffre ou de marchepied pour accéder au lit.

On raconte que les Bretons ont inventé le lit clos pour se protéger des loups qui rôdaient la nuit...

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lundi 17 mars 2008

A l'intention des mères de famille...

Pour des soins donnés au nouveau-né... en Forez vers 1870... des moeurs bizarres, le moins que l'on puisse dire !

Le cordon ombilical était attaché avec une ficelle qui devait avoir sept noeuds, on le coupait vers l'âge de 5 ou 6 ans et l'enfant devait défaire lui-même les noeuds... s'il y parvenait, cela augurait qu'il serait un prodige !

L'enfant était baigné dans de l'eau additionnée d'un peu d'eau-de-vie. En habillant l'enfant après l'accouchement, il fallait passer la manche droite la première... sinon l'enfant deviendrait un voleur. Dès leur naissance on donnait aux enfants du jus de pomme et on leur administrait aussi de la tisane de serpolet.

Un chasseur qui vient d'être père doit faire sentir à l'enfant, quelques heures après la naissance, une crotte de lièvre afin que cet enfant devienne lui aussi un chasseur.

Celui qui naît entre onze heures et minuit, il devient soit un grand saint, soit un grand pêcheur.

Il se disait aussi que les enfants nés à minuit ne vivaient pas ! Et quand une fille naît en lune perdue (jour du changement de lune) si elle se marie... elle n'aura pas d'enfant...

Bon... et ben Béa, tu deviendras une sainte, mais je n'en ai jamais douté, quant à toi Sébastien, j'ai eu le malheur de commencer par la manche gauche pour t'habiller... ton avenir me semble bien compromis.

Et celui-là... Dieu sait comment il a été traité par ses parents ! Apparemment ça ne l'a pas empêché de vivre... heureux !

qui

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samedi 15 mars 2008

La Loire

en 1955, avant la construction du lac de Grangent (en 1957).

Le pont suspendu du Pertuiset a été détruit. Un nouveau pont haubanné avec une seule pile sera construit par la suite au dessus du lac.

Pertuiset

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lundi 10 mars 2008

Le Gouffre d'Enfer

Le barrage du Gouffre d'Enfer, appelé "le barrage français" pendant des décennies constitue une prouesse technique qui eut un retentissement mondial. Il fallait pour St Etienne un barrage pour retenir les eaux du Furan... ce qui fut envisagé dans la deuxième moitié du XIX° siècle.

Vers 1850, St Etienne connaissait une croissance démographique avec une population rurale qui vient chercher du travail en ville, l'économie souffrait à chaque humeur de la rivière du Pilat avec les crues mais il y avait surtout de gros intérêts en jeu pour l'Etat avec la Manufacture Nationale d'Armes.. . A l'heure du Second Empire, c'est une ville industrielle à l'échelle nationale. Napoléon III s'y intéresse.

GouffreEnferLe Furan passe entre des pitons granitiques au nord de St Etienne et lorsqu'il se met en colère il lâche des tonnes d'eau contre les parois.. le lieu a un nom plus qu'évocateur, le Gouffre... et on rajoute d'Enfer... ce sera l'emplacement du barrage.

La déclaration d'utilité publique est signée le 2 juin 1859 par l'Impératrice Eugénie.

Un aqueduc est d'abord construit entre 1859 et 1862 pour recueillir toutes les eaux des ruisseaux du Pilat et du Plateau de la République et les envoyer sur St Etienne... mais les quantités n'étant pas suffisantes, un réservoir de grande contenance est indispensable.

Le chantier débute en juin 1859, la construction du barrage en 1861... le mur représente 40 000 m3 de maçonnerie en pierres de taille, les calculs sur la résistance ont été complexes par les ingénieurs, la pression maximum est de 6.5 kg par cm², ce sera un barrage de type "poids-arqué"

Comme les hivers sont rigoureux à 700 m d'altitude, les travaux ne peuvent être exécutés qu'entre le 1er mai et fin octobre, mais les réserves de pierres sont constituées en hiver.

Aucune photo ni gravure de la construction, ce qui reste un mystère... le chantier était une véritable fourmilière placée sous haute surveillance, la construction était innovante.

Le Gouffre d'Enfer restera un lieu très fréquenté par les stéphanois.

Pour les amateurs, un bouquin d'Elodie Ravel et Noëllie Ortega : Eaux fortes pour un barrage. De superbes photos.

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mardi 26 février 2008

Autres temps

Costume d'une stéphanoise au XVIII° siècle...

Un peu ringarde la tenue...

Je préfère et de loin... la tenue vestimentaire des femmes d'aujourd'hui !

costume_stephanoise_18eme

Tu ne veux pas essayer un jean ?

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mercredi 20 février 2008

Jour de marché

Le dimanche matin c'est en général le grand jour de marché dans les petites communes, pour St Genest Malifaux aussi, les femmes sont à la messe avec les enfants, les hommes (la plupart)... au café. Ben non, ce n'est pas en présence du curé que l'on va régler les affaires et s'il faut parler à voix basses au fond de l'église, ils risquent de mal s'entendre sur un prix et si jamais le ton monte et que l'on en vienne aux mains ? ...

Le marché dure jusqu'à 13 h, on regarde, on soulève tout, on marchande, on enlève le fichu, on essaie un chapeau, on demande bien sûr l'avis de la cliente d'à côté qui aurait été vexée de ne pas mettre son grain de sel, on achète les plants à repiquer puisque c'est la bonne lune, on rapporte la paire de chaussures prise la semaine dernière, elle était trop grande, on "appinche " et  on "clanque" comme on dit dans la région...

On prend aussi son temps... on sait que le repas sera prêt en arrivant, la vieille grand-mère, ridée et vêtue de noir, est restée à la ferme près du fourneau à bois, pour tout préparer. Aujourd'hui ce sera pomme de terre et cuissot de sanglier, celui qui avait dévasté les cultures la semaine dernière. Il ne l'avait pas raté le Glaude.

Nous, petits citadins, on n'a pas tout à fait la même vision des choses et en plus on ne comprend rien, ils parlent leur patois local.

° ° ° ° ° ° °

Le jour de marché, place du Peuple à St Etienne dans les années 1900. Peu de changements entre 1910, 1965 et 2008, hormis les tenues vestimentaires !

Marche_av1910

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vendredi 15 février 2008

La Cour des miracles

Tout le monde en a entendu parler... une dénomination que l'on portait dans une ville à quelques quartiers plus ou moins insalubres et où l'on osait pas trop s'aventurer... St Etienne avait encore, dans les années soixante-dix, de ces quartiers plus ou moins mal famés, ils seront fort heureusement reconstruits pour laisser la place à des immeubles modernes. La photo date de 1974, une des cours du Panassa, un quartier de St Etienne dont la démolition s'étalera de 1975 à 1977.

Pour l'origine, il faut remonter au Moyen-Age, la Cour des Miracles est en fait une cour parisienne abritée par la rue St Sauveur, la rue de la Mortellerie et la rue de la Truanderie. La police vient rarement dans ce quartier délabré et sombre.  La cour loge des mendiants, des aveugles, des paralysés et toutes sortes de personnages tous plus répugnants les uns que les autres.

CourPendant la journée ils se rendent dans les plus beaux quartiers de Paris et profitent de leur laideur pour apitoyer les bourgeois et récolter une aumône... En réalité aucun d'entre eux ne souffre d'un quelconque handicap et le soir venu, les plaies et les infirmités disparaissent comme par "miracle", le boiteux marche droit, le paralytique danse, l'aveugle voit et même les vieillards rajeunissent...

La plupart du temps on trouve de grandes cours immenses terminées par un cul de sac puant, non pavé où les détritus envahissent le sol. Il est impossible d'en sortir. La vie est agréable pour les occupants, chacun jouit à son aise du présent et il y a une loi fondamentale :

"ne rien garder pour le lendemain"

Evidemment !

Tout le résultat des vols, des rapines était consommé le jour même sans modération et il ne fallait laisser aucune trace. Une ville dans la ville avec son roi, sa justice et ... sa moralité, mais... quelle moralité !

Cour_2

Posté par oubi à 10:24 - Histoire - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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