mardi 9 octobre 2007
Liry
Liry ! Que de souvenirs quand nous étions gamins avec nos cousins Lesage...
C'était déjà une expédition pour y aller, pas d'autoroute, donc la nationale 6 et quelques arrêts obligés, Lyon, vers 6 h du matin, pas un chat dans les rues ! La Dombes avec le brouillard matinal au dessus des étangs, Tournus, si c'était un dimanche, il y avait la messe dans la basilique... le premier Chalon (sur Saône) avec ses péniches de transports, le Morvan, derniers paysages comme chez nous, puis le second Chalon (sur Marne cette fois-ci, en Champagne aujourd'hui...), Valmy et son moulin, la Ferme de Navarin, Tahure, un village détruit pendant la guerre "Ici Tahure" sur un panneau indicateur c'est tout ce qu'il en restait ! Des cimetières militaires français ou allemands avec des croix à perte de vue, pour la plupart de pauvres gamins de 18 / 19 ans.
Des champs immenses de culture avec quelques obus entassés au coin des chemins et déterrés par les agriculteurs lors des labours !... "la grosse Berta" ce canon allemand énorme qui tirait des obus sur Reims, nous y venions souvent en vélo avec les cousins pour "jouer à la guerre"... drôle d'idée de gamins ! et un peu plus loin Liry... le village le plus silencieux que j'ai connu. Impressionnant ce silence.
Tout au fond de la rue, sur la place principale... enfin l'unique place... il y avait la maison où l'Oncle Henri venait en vacances, belle maison bourgeoise avec des boiseries anciennes dont celles du salon trouées par les balles des allemands et conservées dans l'état. Il faut dire que ces régions de l'est étaient particulièrement exposées à l'envahisseur. Ainsi la mère de sa femme qui habitait aussi la maison, mais en permanence, avait connu trois guerres 1870, 1914, 1939... Autant dire que les prussiens et les allemands... elle n'en gardait pas un bon souvenir... Fort heureusement avec les nouvelles générations, il en est tout autre.
L'oncle Henri qui était officier pendant la guerre nous a fait découvrir tous les sites : le Fort de Douaumont, la tranchée des baïonnettes, le Mort-Homme, la Côte 304 où il avait été blessé... et bien d'autres encore... Il nous donnait des explications que nous ne trouvions dans aucun livre d'histoire. Bien sûr il l'avait vécue et pour des gamins, l'histoire, vue sous cet angle-là, était passionnante.
Et c'est toujours avec le même plaisir que je retourne dans ce petit village.
dimanche 29 avril 2007
Des nouveaux cousins
Dans une famille, on vit aussi avec les cousins, mais ils sont tellement nombreux et souvent si éloignés, à la fois par la distance et par le lien de parenté qu'on ne sait même pas qu'ils existent.
Je me souviens d'une première rencontre.
On avait sonné à la porte, ma mère est allée ouvrir "D... ! Toi ? quel hasard...!"
C'était D... la grande cousine des Ardennes. Je savais qu'elle existait, parce qu'on en avait parlé. Je la revois encore assise devant une tasse de café entre la table de la salle à manger et le piano. Elle avait amené sa fille C... au Chambon sur Lignon, pour une cure de repos. Forcément l'air de la Haute-Loire était meilleur pour la santé que celui des Ardennes.
J'ai donc fait la connaissance de C... aussi, par la suite, puisqu'on allait la voir les dimanches avec notre 4 CV. "Madame de Grand-Air" c'est comme ça que je l'appelais. Nos lectures de l'époque "Bécassine" et le nom du home d'enfants.
On a tous "découvert" les L... on a même appris que D... avait un frère J... qui avait lui-même des enfants.
J... on en avait entendu parlé aussi, mais on ne savait pas qu'il était le frère de D... Assez compliqué les histoires de famille. Et quand on a su que la mère de D... et de J... c'était la soeur de notre grand-père, on a tout compris. Et vous ? vous avez suivi ?
Avec les L... on se voyait pendant les vacances, des petits échanges d'une huitaine de jours bien sympathiques. Les souvenirs sont nombreux : l'arrivée pour la première fois avec la "canadienne", la maison du Grand-Bois, les fouilles dans le jardin pour retrouver quelques vestiges de la guerre (inconscience ?), la Grosse Berta à Liry, les pas de loup dans l'escalier, la fête foraine à Nancy, les engueulades, les "flacons" de J..., l'accident en vélo avec P..., les excursions en Belgique, les pique-niques dans la forêt, les Dolimars, la visite guidée de tous les sites de la guerre par l'Oncle H..., la traction noire, les gâteaux, le fournil, etc. ...
C'est bien loin tout ça... les photos j'en ai retrouvé quelques unes, celle-ci "le banc" devant la maison de l'oncle H... A vous de mettre un prénom.
samedi 10 mars 2007
Distinction
Certains d'entre nous étaient au courant, bien sûr, mais j'ai découvert lors de recherches sur le Web plusieurs articles concernant Dominique L...
Pour rappel à ceux qui l'ignorent encore, il a reçu les insignes de Chevalier de l'Ordre du Mérite des mains de l'Ambassadeur de France à Varsovie, le 20 décembre 2005 (le discours de l'Ambassadeur de France peut vous être adressé par e-mail sur simple demande).
Pour mémoire, Dominique L... s'est installé en Pologne, où il vit depuis de nombreuses années avec sa famille.
- Directeur du développement, puis de la communication et enfin Directeur des relations institutionnelles et européennes à Canal+ Polska
- Président-fondateur de la "Fondation Polonaise St Exupéry" pour aider les institutions pour enfants atteints de maladies incurables.
- Membre du conseil de l'Institution de l'Art Cinématographique
Extrait d'un article paru dans " Echos de Pologne "
Dominique L..., expatrié Si la communauté expatriée avait un prix distinguant les personnes les mieux intégrées, sans nul doute celui-ci reviendrait à Dominique L... et avec les félicitations du jury ! Les plus anciens expatriés, ont l'impression de l'avoir toujours connu. Auprès des nouveaux, il fait figure de sage et d'expert de la Pologne. Il côtoie beaucoup de polonais et parmi eux des gens célèbres et haut placés, il est connu et reconnu des institutions françaises et polonaises. On lui envie son polonais parfait. Bref on connait tous ce quinquagénaire chaleureux et généreux - du moins c'est ce que nous en pensons ! - Car derrière ce visage paisible et accueillant, Dominique cache bien des histoires qu'il a bien voulues nous livrer.








