Oubi

Chronique familiale - Informations - Histoire - Cousins, cousines - Un petit clin d'oeil sur le passé...

mercredi 30 avril 2008

Problème de poids

Deux mains entrelacées "le poinçon de la bonne foi"...

Nommé jadis le Service des Poids et Mesures, il est chargé de vérifier l'exactitude des balances et poids utilisés dans le commerce. Un poinçon était apposé sur l'objet... . Chaque année il en était ajouté un nouveau, une lettre. Actuellement seulement une vignette verte est délivrée.

Pile2Pile1Charlemagne a tenté d'uniformiser les unités et a créé l'étalon de poids... la pile de Charlemagne... qui était aussi l'étalon monétaire de référence et servait aux artisans qui travaillaient l'or et l'argent. L'étalon était composé de treize "godets" en cuivre à l'origine, une pile de poids.

A la fin du XV° siècle la pile de Charlemagne sera réduite à huit godets en laiton. Ils sont concentriques, emboitables. Un élément extérieur de 500 g avec couvercle et levier de blocage. Des éléments intérieurs de 5, 10, 20, 50 et 100 g. Avant la Révolution, il sera l'étalon royal de masse. Sur la photo servant de référence, il manque le petit poids de 5 g malheureusement.

Dans le tableau "le changeur et sa femme" de 1514 du peintre flamand Quentin Metsys, on retrouve cette pile.

Tableau   Tableaud_tail

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jeudi 24 avril 2008

Neige d'hier et d'aujourd'hui

09Efficace le chasse-neige aujourd'hui. Quatre ou six roues motrices. Des chevaux sous le capot. Des lames à toute épreuve et le confort d'utilisation avec clim. et téléphone.

Mon arrière-grand-père, l'ingénieur des Ponts et Chaussées, qui avait la charge de la Route Bleue (RN 82), n'en croirait pas ses yeux.

Il réquisitionnait quelques attelages de boeufs chez des paysans. Les engins étaient stockés à "la maison cantonnière". Peu efficaces sans doute puisqu'ils étaient tirés par les boeufs qui devaient avoir de la neige jusqu'au haut des pattes. Les chutes de neige étaient importantes à 1000 m d'altitude et plusieurs jours devaient être nécessaires pour dégager un accès. Et quand la burle soufflait... c'était encore autre chose.

Des planches épaisses en chêne assemblées en forme de V, une chaîne pour tracter le tout... rien de plus. Il en reste quelques uns, des épaves qui finissent de pourrir dans un coin de pré. Vestiges du passé.

chasseneige

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dimanche 13 avril 2008

Au fond du jardin...

... une vieille porte en chêne qui aura vu passer quelques générations, et toujours avec sa vieille fermeture.

Elle s'ouvre sur l'autre jardin, plus fleuri celui-ci, plus secret aussi, là-bas c'est le printemps, le muguet est déjà en fleur... alors pousse la et sers toi... mais fais attention...

J'aime bien cette porte, mais il faudrait toujours la laisser ouverte...

StG13

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mardi 18 décembre 2007

Le balai

Toute sa vie, métayer ou fermier - je ne sais pas quel statut il avait exactement - passée dans la ferme de la maison templière des Tours, il était le seul à posséder un cheval dans le quartier. Il avait épousé "la" Tanette, la soeur de Tonin. Le dimanche il attelait Poulette et partait à la messe dans sa voiture à cheval, le seul moyen de locomotion qu'il avait.

A la retraite, il avait récupéré la maison du Grand Henri, il était notre voisin le plus proche et c'est seulement sur la fin de sa vie que je l'ai connu. Il ne lui restait plus rien, des souvenirs d'une vie de travail trop dur, quelques poules et lapins, un chien qui le suivait comme son ombre, de vieux outils usés et... les rênes et le mors du cheval accrochés sur un grand clou rouillé à l'intérieur de la porte de l'écurie.

Son jardin potager, c'était sa vie maintenant, il aurait au moins quelques choux et pommes de terre pour sa soupe ou pour accompagner un poulet de sa production. Quelques fois il partait le soir avec un char à bras, la faux et un râteau pour aller couper un peu d'herbe sur le bord d'un chemin ou dans quelques propriétés d'estivants qui n'avaient pas de tondeuse à gazon, eh bien oui, les lapins devaient aussi manger !

Souvent avec mon frère nous allions avec lui et au retour on tirait ce char plein d'herbe fraîche, lui il marchait derrière à pas lent avec ses outils sur l'épaule. Il s'arrêtait de temps en temps pour rallumer sa cigarette qu'il avait roulée lui même. Il fumait "du gris" disait-il, acheté le dimanche matin avec son gros pain de 2 kg. Les seules courses qu'il devait faire et qui faisaient la semaine. Je revois aussi son briquet en métal doré, une flamme de 10 cm au moins, une forte odeur d'essence et quand le mégot était trop petit, il se brûlait les moustaches.

BalaiIl habitait à l'étage et le rez-de-chaussée de la maison était transformé en atelier. Un établi qui avait dû recevoir plus d'un coup de scie ou de marteau, posé devant la fenêtre. C'est là qu'il fabriquait ses balais avec une branche d'arbre en guise de manche et quelques genêts ramassés dans les bois et séchés. Le tout cerclé par trois bouts de fil de fer récupérés sur une ancienne clôture.

Rustiques ses balais mais efficaces pour balayer une cour, lui il s'en servait aussi pour sa cuisine ! Il était fier de nous montrer sa méthode infaillible pour assembler les genêts, égaliser... aucun ne devait s'en aller.

En dehors des vacances, nous allions passer des week-ends dans la maison de campagne et le dimanche soir avant de redescendre sur St Etienne, ma mère l'invitait pour dîner. Il rentrait ensuite chez lui avec quelques provisions qu'elle lui donnait pour la semaine.

Un brave paysan... Marius !

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samedi 15 décembre 2007

Vestiges

Quelques photos de la maison du Grand-Bois...

Soupirail d'une cave voûtée

aeration

Anneau pour attacher le bétail près de la porte de l'étable

anneau

Pan de mur nord sans fenêtre pour éviter les entrées de froid en hiver. Certains racontent que les paysans lorsqu'ils construisaient une maison laissaient dépasser des pierres du mur chaque fois que le propriétaire des lieux offrait à boire !... une légende sans doute ? Ou bien la période de construction n'était pas une année de canicule ou bien le maître d'ouvrage était un peu radin !... Il doit y avoir une autre signification... affaire à suivre...

mur

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mercredi 12 décembre 2007

La porte

Les régions de montagne comme le Pilat étaient réputées pour avoir des hivers rigoureux et souvent la neige et le froid restaient pendant six mois. Pour se protéger du froid, les "anciens" limitaient le nombre d'ouvertures dans les pièces d'habitation et la porte d'entrée de la cuisine, la pièce principale, s'ouvrait en général sur l'étable ou la bergerie.

La porte était pleine et le battant en bois s'ouvrait soit en totalité pour permettre l'accès, soit en deux parties... le bas restait généralement fermé pour éviter aux animaux de rentrer, le haut, ouvert, permettait d'avoir un complément de chauffage en laissant entrer la chaleur animale. C'était la porte fermière...

portillonPar la suite, la porte s'ouvrira directement sur la cour de ferme, mais toujours en deux parties et cette fois-ci avec le battant supérieur vitré pour éclairer l'arrière de la cuisine qui baigne dans la pénombre. Les moins fortunés conserveront leur porte en bois plein et l'été ils la laisseront ouverte en permanence.

Un petit portillon de bois à claire-voie évitera de se laisser envahir par le bétail et aux jeunes enfants de sortir.

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jeudi 6 décembre 2007

Chaud

A la campagne les fermes ne disposaient que d'une seule pièce à vivre... la cuisine avec une grande cheminée qui servait à la fois pour la cuisson des aliments et de moyen de chauffage. Seuls quelques paysans privilégiés disposaient de chambres à l'étage mais non chauffées, pour les autres des placards avec portes en bois coulissantes qui servaient de lits... "les lits clos" dans le Pilat...

ChaufferetteAprès le repas, la veillée se passait autour du feu, et la maîtresse de maison se tenait sur une chaise basse, les pieds posés sur une espèce de boîtier en bois, doublé de métal dans lequel elle mettait des braises tirées de la cheminée. La chaleur se diffusait par les orifices sur le couvercle. Une couverture sur les jambes enveloppait également cette chaufferette. Et là elle pouvait préparer confortablement quelques légumes pour le lendemain ou broder. Certaines de ces chaufferettes étaient "transportables" d'un modèle plus petit avec une poignée (photo jointe) et souvent elles les emportaient pour suivre l'office le dimanche matin !

Inutile de dire que le soir pour aller se coucher, ils devaient avoir l'impression de rentrer dans des draps humides et pour éviter cette sensation, il fallait chauffer le lit...

Bassou bien avec la bassinoire, cette étrange boite circulaire, généralement en cuivre et décorée avec un manche en bois, elle soulevait le couvercle à charnière, prenait quelques braises et les disposait dans le fond, ensuite elle soulevait les draps et passait, repassait plusieurs fois jusqu'à ce que les draps soient tièdes. Mais c'était tout un art, il ne fallait en aucun cas brûler la literie.

ou bien souvent et surtout pour les enfants, elle utilisait une bouillotte, ce réservoir de forme cylindrique en laiton ou en cuivre qu'elle remplissait d'eau chaude. Pour les familles les plus pauvres, c'était seulement une vessie de porc. La bouillotte avait un avantage, elle pouvait rester au fond du lit...

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lundi 26 novembre 2007

Précision

"Payer en espèces sonnantes et trébuchantes"

A l'origine de l'expression, la vérification de la pièce de monnaie... la faire sonner et la passer au trébuchet.

Le trébuchet, c'est cette balance de précision que l'on utilisait pour les petites quantités et la vérification du poids des monnaies. Compte tenu de la fragilité, il était souvent à l'abri dans une petite cage de verre. D'une taille réduite, on le rencontrait dans les banques, les pharmacies ou encore chez les négociants en métaux précieux.

Tr_buchetIl existait aussi un modèle "portable" facile à glisser dans un sac ou dans la poche avec un étui en bois. Une pièce de bois massive évidée pour ranger l'appareil ainsi que les petits poids de 2 à 10 g et de 1 à 5 dg, les derniers n'avaient pas la forme habituelle utilisée pour les balances Roberval classiques, mais se présentaient sous la forme de petits carrés de métal.

J'ai découvert un modèle dans le grenier : deux petits plateaux de cuivre de 5 cm, la boite de rangement mais... pas la série de poids malheureusement.

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vendredi 16 novembre 2007

Le petit couteau

A la maison pour dresser la table, c'était chacun notre tour... le travail des enfants... il fallait bien sûr respecter les traditions, mettre le couteau à droite et la fourchette à gauche et... la fourchette, dents tournées vers la table puisque les couverts en argent étaient gravés avec les lettres de la famille... celles de l'arrière grand-mère... nous étions devenus les spécialistes de la table et rien ne nous échappait.

Je me souviens un jour où j'étais allé chercher des oeufs à la ferme voisine à l'heure du repas. La famille s'installait à table et aucun des deux hommes, le paysan et le commis de ferme, n'avait de couteau... un oubli de la maîtresse de maison sans doute ?

Ils plongent la main dans leurs poches, en sortent des couteaux et sans chercher à les ouvrir avec l'ongle, ils tapent un coup sec sur le bord de la table pour en dégager une lame, réduite de moitié...usée par le temps et les nombreux affûtages. Ils le passent ensuite consciencieusement sur un pantalon poussiéreux... ben oui il faut le nettoyer ce couteau, il sert pour couper aussi bien la ficelle autour d'une botte de paille qu'à tailler un bâton ou curer un outil dans l'étable...

AlbiezSolide, économique, pratiquement inusable, cette petite merveille que tout le monde connaît, qui sert à la fois de couteau et d'outil... l'opinel. Chaque paysan en possédait un... je crois n'avoir jamais vu d'autres marques, là-haut au Grand-Bois. Leur préféré c'était le numéro 8...

OpinelUn assemblage simple de quatre pièces : la lame, le manche, un rivet pour pivoter et une bague de sécurité, la virole. Depuis plus d'un siècle, sa construction n'a pas changé.

En 1817, Victor Opinel est colporteur et apprend le métier de forgeron. Il installe une forge à Albiez-le-Vieux en Savoie et fabrique des couteaux, des clous et des serpes. Son fils rachètera ensuite son entreprise.

MarqueJoseph, le petit-fils de Victor naît en 1872 à Gevoudaz et il devient taillandier dans l'atelier d'Albiez. En 1890 et contre l'avis de son père, il commence la fabrication de ses fameux couteaux. Sa série complète de douze modèles verra le jour en 1897 et il ouvrira son propre atelier en 1901 au pont de Gevoudaz (toujours à Albiez), près du torrent, l'Arvan, utilisée pour la force motrice. Les forêts environnantes lui fourniront le bois, hêtre ou merisier. Il sera gravé "la main couronnée", les trois doigts représentent les reliques de St Jean Baptiste qui figurent aussi sur les armes de la ville de St Jean de Maurienne.

Albiez, c'était aussi notre petite station avec de bons souvenirs de vacances, un petit village authentique.

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jeudi 15 novembre 2007

Myrtilles

Brimbelles, dans les Vosges... Airelles, dans le Pilat...

La vigne des montagnes, aussi, ces petites baies noires sauvages avec des feuilles ovales vert foncé sont un véritable délice de la nature, à ne pas confondre avec la myrtille de culture !

Ce fruit était totalement inconnu dans les villes qui l'ont découvert seulement avec l'essor des moyens de communication et notamment la construction des premiers chemins de fer. Les airelles étaient cueillies par les femmes et les enfants qui s'abstenaient d'école.

C'est sous les vieux épicéas, parce que pas trop serrés par rapport aux nouvelles plantations que l'on trouve cet arbrisseau. Pour que la production soit bonne, il faudrait effectuer une taille, difficile bien sûr en pleine nature et sur autant d'hectares. Elle sera assurée par les bêtes sauvages qui viennent manger les feuilles l'hiver.

peigne_moderneLa cueillette s'effectue à la main, fruit par fruit ou à l'aide de peignes en bois et métal que l'on trouve encore dans le commerce. A l'origine, ils étaient entièrement en bois mais ils ont complètement disparu et c'est regrettable les dents en bois n'agressaient pas les plants et aucune feuille n'était arrachée. Je suis l'heureux possesseur d'un exemplaire.

Peigne_boisLes confituriers achètent de nos jours des hectares sur pied, organisent une cueillette non plus aux peignes mais avec des râteaux, ce qui est beaucoup plus rapide, mais après leur passage il ne reste plus une seule feuille sur les plants !... détruire la nature est lamentable.

La myrtille est riche en vitamine A, entre autres, et est excellente pour les problèmes de vision nocturne. Serait-elle en voie de disparition ?

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